Atelier de restitution avec les journalistes dans le cadre du programme de micro-subventions LandCam

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Pour la deuxième année, LandCam a soutenu un programme de micro-subventions pour encourager l’engagement des journalistes avec les questions foncières, et pour faire ressortir des histoires qui illustrent les enjeux et défis liés à la terre pour de nombreux camerounais. Ces travaux vont contribuer à vulgariser la problématique foncière dans l’espace médiatique à un moment clef, durant lequel est menée une révision de la loi foncière.

Faisant suite à l’appel à projets journalistiques lancé en Octobre 2019, LandCam a organisé, le 23 janvier à Yaoundé, un atelier de restitution réunissant les participants au programme dont les propositions avaient été retenues, des représentants de la société civile et des ministères en charge de l’agriculture (MINADER) et des affaires sociales (MINAS). Les journalistes ont été invités à présenter leurs travaux couvrant la question foncière.

Les sujets choisis étaient divers : la question de l’accès à la terre pour les réfugiés en temps de crise et la difficile cohabitation avec les communautés locales ; les conflits d’usage entre groupes nomades et sédentaires ; l’accaparement des terres et le rôle de différentes autorités administratives; les problèmes liés aux indemnisations, la non transparence et les promesses non tenues lors d’acquisition des terres pour projet agroindustriel ; les problèmes de santé causés par le déplacement foncier dans des communautés autochtones ; ou encore les difficultés rencontrées par les femmes dans l’accès à la terre.

Les journalistes ont émis des recommandations à l’intention du projet LandCam et, au sens plus large, pour la société civile engagée dans la défense des droits fonciers, suivant les différents champs d’action qu’ils ont identifiés lors de leur recherche. Cet atelier était aussi l’occasion d’échanger sur les différentes manières d’entreprendre la recherche journalistique, ainsi que sur les difficultés rencontrées par les journalistes lors de descentes sur le terrain. Nous retenons en particulier qu’un obstacle récurrent est celui d’établir un contact avec les représentants des autorités (traditionnelles ou administratives), ce qui nécessite d’entreprendre une réflexion sur les méthodes d’approche des journalistes.

Enfin, un prix a été remis aux auteur(e)s des trois travaux témoignant d’une meilleure performance sur le plan de la recherche et de l’analyse. En première place, Mme Nadège BOWA avec un article témoignant de l’urgence d’élaborer un plan de sécurisation foncière pour remédier aux tensions entre réfugiés et communautés accueillantes dans la région de l’Est. En deuxième place, M. Che Bruno, avec un article sur les cas de dépossession des droits fonciers liés à l’acquisition de terres par la Cameroon Development Corporation (CDC) dans la région du Sud-Ouest. Et en troisième place, M. Alain Georges LIETBOUO avec un article sur les conflits agro-pastoraux et le cas des Mbororo dans le Département du Noun dans la région de l’Ouest.

Vu le grand intérêt des journalistes pour le programme lors de cette édition, il est prévu qu’il soit reconduit en 2020.