L'impact des migrations sur les peuples autochtones : entretiens avec Samuel Nguiffo et Nguiamba Alain

09.08.2019

Jérémy Davis jeremy.davis@iied.org

A l’occasion de la 25e édition de la Journée Internationales des Peuples Autochtones (JIPA 2019), Samuel Nguiffo, Secrétaire Général du CED, et Alain Nguiamba, leader communautaire Bagyeli à Bibera, dans la Région du Sud Cameroun, s’expriment sur l’impact des migrations sur les peuples autochtones. Bibera est un village du Département de l’Océan, situé dans la zone portuaire de Kribi. La communauté Bagyeli qui y vit forme une partie de ce peuple autochtone forestier d’environ 4 000 individus, impactés par divers projets de développement du Département de l’Océan, et dont la langue Bagyeli est classée comme langue en danger.

2019 est l’année des langues autochtones. Le CED a mené des recherches dans les régions de l’Est et du Sud, auprès des peuples Bagyeli et Baka, dans le but de faire un état des lieux de la situation des langues et cultures autochtones, dans un contexte de faible sécurité foncière. Les résultats de ces recherches ont été présentés lors d‘un atelier tenu les 6 et 7 août 2019 à Yaoundé, et révèlent la disparition progressive de l’identité culturelle et des langues autochtones, pouvant résulter des migrations. Face à la précarité foncière et des incidences que cela a sur les langues autochtones, LandCam propose des solutions intégrant toutes les parties prenantes de la gouvernance foncière au Cameroun :

  • Attirer l'attention des décideurs politiques sur l'intérêt d'agir avec urgence pour combler le vide juridique autour du statut foncier des communautés autochtones ;
  • Donner la possibilité aux populations autochtones de contribuer à la formulation de solutions en partenariat avec l'Etat et les investisseurs ;
  • Poursuivre la recherche pour systématiser les solutions mises en place dans d'autres pays.